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Notre Système Solaire se réchauffe-t-il ?

TEMPS DE LECTURE ESTIMÉ : 12 MINUTES

Par Dr Olivier Alirol - 16 Nov 2017

 

Les conséquences de l’activité humaine sur notre environnement ont été prouvées. Nous pouvons malheureusement le constater au quotidien. Même le gouvernement chinois prend actuellement des mesures pour faire face au problème persistant des brouillards de pollution qui envahissent les villes chinoises, comme fermer près de 40% des usines du pays [1].

Un problème auquel nous faisons tous face ; le réchauffement climatique.

Les nouvelles données des experts de la NASA en provenance des photos satellites, montrent que les couches de glace du Groenland sont en train de fondre deux fois plus rapidement que ce qui avait été prévu.

Cependant, dans une récente publication de septembre dernier (2017), des scientifiques ont fait part de nouveaux résultats montrant une baisse notable de l’impact du CO2 sur le changement climatique [2]. Ils ont donc revu leur modèle de projection qui avait surestimé de 50% l’impact du CO2, rendant ainsi l’accord de Paris plus réalisable.

Naturellement, relâcher des milliards de tonnes de gaz dans l’atmosphère affectera une multitude de systèmes de la biosphère, ce qui conduira à l’accroissement du processus d’acidification de l’eau, ainsi que de la quantité de gaz dans l’atmosphère absorbant les radiations solaires, provoquant ainsi la hausse des températures. D’autres facteurs affectent cette hausse générale des températures, parmi lesquels la position de la Terre par rapport au Soleil qui fluctue sur de long cycles périodiques - appelés cycles de Milankovich – ainsi que l’activité du Soleil.

Comme l’a déjà expliqué Nassim Haramein en 2005 [3], l’accroissement des tâches solaires est proportionnel aux niveaux de radiation :

 

“Par conséquence, l’augmentation des tâches solaires aurait pour conséquence l’accroissement des radiations sur l’ensemble de notre système solaire. Du fait que la masse du Soleil représente 99,8% de la masse du système solaire, quelques degrés de plus de chaleur solaire auraient d’importantes répercussions sur la température moyenne de la Terre et sur ses cycles météorologiques.

L’augmentation de la puissance des éruptions solaires observée ces dernières années, record atteint en novembre 2003, projette des particules hautement ionisées de plasma dans notre système solaire qui finissent par être absorbées par les lignes magnétiques de notre terre et transportées vers les vortex géomagnétiques des pôles. Ces particules réchauffent l’atmosphère et les calottes glaciaires provoquant ainsi l’accélération de la fonte des glaces.” (extrait de Crossing the Event Horizon)

 

Que se passe-t-il dans notre système solaire ?

Ayant étudié le climat de la Terre depuis plusieurs décennies maintenant, nous savons que les conséquences directes d’un changement climatique rapide peuvent être : une hausse globale de température, la fonte des calottes glaciaires et la diminution de leur superficie, l’augmentation de phénomènes violents, des épisodes de grandes chaleurs plus fréquents et des tempêtes plus violentes.

Beaucoup de ces phénomènes peuvent être observés sur les planètes de notre système solaire. Grâce aux sondes que nous avons envoyées dans le système solaire ces dernières décennies [4], nous commençons à avoir une bonne vision de ce qu’est le climat sur nos planètes voisines. Et le climat de ces planètes est très intéressant, Mercure mise à part. Mercure est pratiquement dépourvue d’atmosphère et ses changements climatiques ne se manifestent pas dans des tempêtes atmosphériques mais uniquement comme des changements importants de température à sa surface.

Durant ces dernières années, les astronomes ont observé d’importants changements ; activité de super cyclones, vents violents et même fonte des glaces.

En août 2017 sur Neptune, d’étranges cyclones aussi étendues que la Terre ont été observées soulevant des interrogations quant à leur formation et leur stabilité [5].

Uranus, surnommée « la planète ennuyante », est loin d’être calme et, sous son aspect placide et bleu, il y a un déchainement climatique. En 2014 des astronomes de Berkeley ont reporté un record d’activité sur cette planète [6], au niveau des tempêtes.

D’autres très fortes tempêtes ont eu lieu en 2011 sur Saturne, l’une d’entre elles était si puissante qu’elle a encerclé la planète [7].

Sur Jupiter, d’importants changements ont été observés dans la Grande Tâche Rouge. Le satellite Cassini-Huygens lancé en 1997 passant près de Jupiter a collecté des données en 2000 et 2001. Ces mesures nous ont révélé que Jupiter émet 67% de radiation de plus qu’elle n’en reçoit du Soleil. Une source de chaleur interne à Jupiter est supposée être à l’origine de ces facteurs climatiques, y compris pour la Grande Tâche Rouge. Néanmoins, après des années de relative stabilité, la Grande Tâche Rouge est en train d’évoluer rapidement. Les observations de Hubble de 2012 ont démontré une nouvelle structure ondulatoire dans une région de cyclones et d’anticyclones. Il est évident que l’atmosphère de Jupiter est en train de changer et que la Grande Tâche Rouge évolue [8].

De même des observations montrent que les calottes glaciaires sont en train de fondre non seulement sur la Terre mais aussi sur Mars [9]. En 2005, les données des missions ODYSSEY et Mars Global Surveyor de la NASA ont révélé que la quantité de dioxyde de carbone émise par la calotte glaciaire du pôle sud de Mars a diminué durant trois étés consécutifs.

Finalement sur Vénus, le rapport le plus détaillé de l’ESA Vénus Express en 2013 qui étudie le mouvement des nuages sur Vénus, a montré que la vitesse des vents sur cette planète a augmenté régulièrement durant les six dernières années [10].

Toutes ces constatations d’un réchauffement global de notre système solaire lors de cette dernière décennie sont difficiles à expliquer. Clairement, ces évènements ne sont pas liés à l’activité humaine, bien au contraire, diverses études montrent un lien avec l’activité solaire et les rayons cosmiques.

 

Les conséquences de l’activité solaire et des rayons cosmiques sur le climat

Plusieurs études sont en cours pour identifier toute relation qui pourrait être établie entre climat, activité solaire et rayons cosmiques. L’activité solaire est générée par le champ magnétique du soleil. Elle se manifeste de diverses manières ; éruptions solaires, éjections de masses coronales, vents solaires à grande vitesse, et particules solaires énergétiques.

Les fluctuations observées sur des échelles de temps vont d’une fraction de seconde jusqu’à des milliards d’années. Quant aux rayons cosmiques, ce sont des fragments d’atomes qui tombent sur la Terre, certains en provenance du Soleil, et pour la plupart en provenance de l’extérieur du système solaire. Néanmoins, l’origine des rayons cosmiques les plus énergétiques demeure inconnue et constitue un domaine actif de recherche.

De récentes recherches ont démontré un lien entre les vents solaires à haute intensité et la formation de cyclones extratropicaux sur Terre [11]. Des scientifiques ont montré que ce type de cyclones extrêmement puissants auraient tendance à se former après l’arrivée de puissants vents solaires.

De plus, ils ont montré que les ondes gravitationnelles aurorales pourraient jouer un rôle dans l’établissement d’instabilités dans l’atmosphère, générant des cyclones. Depuis 2008 plusieurs études ont souligné l’influence des vents solaires sur les cyclones extratropicaux, par l’intermédiaire des ondes gravitationnelles de l’atmosphère aurorale [12]. De même que l’évolution des vents solaires serait liée à l’activité globale des cyclones tropicaux terrestres [13].

Cette année, des scientifiques ont également démontré l’influence du champ géomagnétique sur l’évolution des cyclones extratropicaux [14].

Et plus surprenant encore, les rayons cosmiques semblent être, sur le long terme, reliés aux variations globales de température [15].

Une équipe russe a démontré qu’une grande partie des variations climatiques peut être expliquée par le mécanisme de l’action de l’irradiation solaire et des rayons cosmiques. Cependant, jusqu’à récemment, l’influence qu’aurait pu avoir les rayons cosmiques sur le climat n’était pas clairement reconnue.

En fait, nous sommes rarement impactés par les rayons cosmiques grâce à la déflexion (ou déviation) du champ géomagnétique terrestre. Mais lorsque ces rayons cosmiques parviennent à traverser cette barrière, ces particules à haute énergie, provenant majoritairement de l’extérieur de notre système solaire, atteignent la Terre, créant ainsi le phénomène des Aurores Boréales.

Il semblerait cependant que la Terre reçoive bien plus d’énergie en provenance de l’espace par le biais d’un autre mécanisme ; la reconnexion magnétique. Ce phénomène est l’annihilation et le réarrangement de champs magnétiques dans un plasma [16]. Cela se produit fréquemment lorsque dans un plasma, des lignes de champs opposées s’annihilent.

Dans notre cas, il semblerait que la reconnexion magnétique parvienne à rediriger une grande partie de l’énergie des vents solaires ou des rayons cosmiques directement vers un pôle de la planète. Cet apport d’énergie pourrait expliquer la manière avec laquelle une partie de l’énergie des rayons cosmiques et de l’activité solaire pourrait être transférée.

 

Phénomène de Reconnexion magnétique (voir l'animation sur le l'article original en bas de l'article)

 

Le réchauffement global s’arrêtera-t-il ?

De nombreuses observations semblent nous démontrer que des changements climatiques se produisent sur toutes les planètes de notre système solaire à une échelle de temps très rapide. Ces changements semblent être liés à l’activité solaire. Les hausses de température semblent être liées aux tâches solaires (graphique ci-dessous).

Etudier l’activité solaire et établir des prédictions fournirait des pistes quant à l’évolution du climat sur terre, ce que les scientifiques s’attèlent à réaliser depuis plusieurs années. Depuis un pic survenu en 2014, les observations révèlent une importante diminution de l’activité solaire, et des astrophysiciens prédisent une diminution de son intensité d’environ 60% pour 2030 atteignant les niveaux d’une « mini ère glaciaire ». Cela semble être en contradiction avec le réchauffement climatique actuel mais ça ne l’est pas.

Corrélation entre activité solaire (à gauche) et évolution des températures (à droite) 

 

Parallèlement à la diminution de l’activité solaire, le champ magnétique de notre soleil perd aussi de son intensité. Cette héliosphère nous protège. Elle forme un gigantesque bouclier protecteur qui entoure et protège notre système solaire des effets nocifs des rayons cosmiques galactiques, ces puissantes particules énergétiques circulant à travers l’univers [17].

Grâce à Voyager 1 qui a dépassé les limites de notre système solaire, nous avons à présent une bonne vision de cette héliosphère et de ses effets protecteurs. Elle semble être une protection indispensable à notre déplacement rapide à travers l’univers [18].

Donc avec une héliosphère affaiblie, la Terre serait de plus en plus exposée aux dangers des rayons cosmiques.

 

Héliosphère

 

En 2017, de nombreux rapports montrent l’augmentation du nombre d’impacts de rayons cosmiques sur la Terre alors que l’activité solaire tend vers son minimum [19]. Et pour accentuer ce phénomène, le champ magnétique terrestre s’affaiblit. Ceci est illustré par l’augmentation de la vitesse de déplacement des pôles magnétiques durant la dernière décennie, comme on peut le voir sur l’animation ci-dessous.

 

Evolution du déplacement des pôles magnétiques terrestres (voir l'animation sur le l'article original en bas de l'article) 

 

La Terre est en train de perdre rapidement deux de ses boucliers magnétiques naturels la protégeant des effets des rayons cosmiques.

En réalité la Terre a longtemps bénéficié de trois boucliers magnétiques pour la protéger, le troisième étant le Nuage Interstellaire Local. En fait, notre système solaire a voyagé à travers un nuage interstellaire local de très faible densité, d’environ 30 années-lumière de longueur.

Ce Nuage ionisé, de par sa composition, a joué le rôle de bouclier magnétique de la Terre le protégeant des particules hautement ionisées de l’Univers. Cependant, ce troisième élément protecteur a quasiment disparu.

Le système solaire voyage vers une région du Nuage encore moins dense [20], et nous avons déjà commencé à constater l’augmentation de l’absorption des rayons cosmiques.

Alors qu’il est très difficile de faire des prédictions à long terme concernant le climat et les températures, nous pouvons présumer que les phénomènes météorologiques extrêmes pourraient devenir fréquents dans un avenir proche.

 

Références:

Que se passe-t-il dans notre système solaire ?

Les conséquences sur le climat de l’activité solaire et des rayons cosmiques

Le réchauffement global s’arrêtera-t-il ?

 

Traduit de l’anglais par Renée Gédéon et relu par Olivier Thomas

 

 
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