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L’univers en rotation prédit par Haramein

rotation univers Sep 29, 2021

Lorsque l'on se penche sur le passé lointain de l'univers, c'est-à-dire sur les vastes distances cosmologiques de l'espace, on observe un ensemble particulier de galaxies émettant une énorme quantité d'énergie. Ces galaxies primitives, connues sous les noms de quasars, blazars, radiogalaxies et quasars radio-bruyants, sont toutes des objets classés comme des noyaux actifs de galaxie. Ces objets sont parmi les phénomènes les plus énergétiques de l'univers. Les noyaux actifs de galaxie représentent une confirmation de la prédiction du physicien Nassim Haramein selon laquelle les trous noirs sont la structure centrale de l'espace-temps qui constitue la pépinière autour de laquelle se forment les galaxies et les étoiles. En effet, il est désormais largement admis que la formation précoce des galaxies, produisant des noyaux actifs de galaxie, est en fait due à l'action de trous noirs supermassifs - des trous noirs de plus d'un million à un milliard de masses solaires.

L'anatomie de ces trous noirs galactiques centraux est aussi intrigante que les phares énigmatiques qu'ils représentent dans l'océan immense de l'espace. Bien que toutes les grandes galaxies aient probablement un trou noir supermassif dans leur région centrale, car c'est cette structure qui est à l'origine de la formation des galaxies, on pense généralement que les noyaux actifs des galaxie correspondent à une phase initiale de ce processus de formation, lorsque les trous noirs supermassifs sont extrêmement actifs et émettent des grandes quantités d'énergie (et probablement aussi de matière), formant ainsi les premières galaxies. De plus, en conséquence de l'accrétion de matière pré-galactique, des quantités massives de matière ont été gravitationnellement attirées dans les trous noirs centraux tandis que d'autres étaient éjectées par leurs pôles. L'afflux de matière forme un disque d'accrétion ultra chaud autour de la région équatoriale du trou noir, et des jets relativistes (particules chargées, ou plasma électron-positron, se déplaçant à des vitesses relativistes) jaillissent le long de l'axe de rotation du trou noir et peuvent s'étendre jusqu'à des centaines de milliers d'années-lumière.

 

"L'alignement implicite des axes de rotation des trous noirs massifs qui donnent naissance aux jets relativistes suggère la présence d'une cohérence spatiale à grande échelle du moment angulaire

– A. Taylor & P. Jagannathan

 

Ces structures extrêmement énergiques et massives sont facilement identifiables lorsqu'on regarde des images de l'espace lointain recueillies dans la bande des ondes radio du spectre électromagnétique. L'échelle d'observation est immense : il s'agit de recueillir la lumière de nombreuses galaxies sur plusieurs millions de parsecs d'espace. De même, les instruments utilisés pour recueillir la lumière de sources aussi lointaines et vastes sont colossaux. Pensez au radiotélescope d'Arecibo, présenté dans des films tels que Contact, pour avoir une idée de l'ampleur de ces télescopes.

L'un de ces télescopes en cours de réalisation est le Square Kilometer Array, qui sera l'un des plus grands instruments d'observation scientifique jamais construits, car la "lentille" du télescope a une superficie d'un kilomètre carré. Une fois terminé, ce télescope contribuera à déterminer les paramètres cosmologiques fondamentaux et à sonder les premières époques de formation des galaxies.

Image des ondes radio de la région spatiale ELAIS N1. À gauche, les alignements des jets sont entourés en blanc. À droite, l’image sans les cercles. Crédit : Prof A.R. Taylor

 

Dans une étude récente utilisant le radiotélescope géant Meterwave en Inde, des astronomes sud-africains ont fait une découverte remarquable en analysant l'alignement des axes de rotation de 64 galaxies.

L'orientation de l'axe de rotation des noyaux actifs de galaxie est directement observable en raison des longs jets de plasma qui s'échappent des pôles du trou noir supermassif central, avec de fortes émissions électromagnétiques dans la gamme des fréquences radio. Dans un rapport publié dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, l'équipe d'astrophysiciens a analysé l'orientation des angles des jets radio et a constaté qu'un nombre étonnamment élevé de trous noirs supermassifs étaient alignés avec leur axe de rotation.

L'analyse statistique a révélé qu'il y avait une probabilité de 0,1 % qu'un tel alignement se produise par hasard - ce qui indique fortement qu'une force encore inconnue produit une cohérence significative entre les objets à l'échelle cosmologique. En outre, cela pourrait impliquer que les conditions qui prévalent aux premières époques de la formation des galaxies s'écartent de l'isotropie absolue, du point de vue de l'uniformité de la distribution de la matière.

Depuis longtemps, on présume que l'univers est homogène et isotrope (le même en tout lieu), sans axe ni orientation identifiables. C'est ce que l'on appelle le principe cosmologique. Pourtant, l'un des plus grands esprits du XXe siècle, Kurt Gödel, a fourni une solution exacte des équations de champ d'Einstein en décrivant un univers en rotation. Dans un commentaire sur le travail de Gödel, le physicien Stephen Hawking a déclaré :

<< Ces modèles pourraient bien être une description raisonnable de l'univers que nous observons, cependant les données d'observation ne sont compatibles qu'avec un taux de rotation très faible. La qualité de ces observations s'est améliorée continuellement jusqu'à la mort de Gödel, qui demandait toujours "l'univers est-il enfin en rotation ?" et se voyait répondre "non, il ne l'est pas">>.

Plus récemment, plusieurs découvertes ont suggéré que l'univers n'est effectivement pas entièrement homogène et isotrope. Ces découvertes  proviennent des observations de ce que l'on appelle l'axe du mal et le courant noir identifiés dans le fonds diffus cosmologique, du rapport de Shamir sur le Sloan Digital Sky Survey montrant que les galaxies tournant vers la gauche étaient beaucoup plus fréquentes que les galaxies tournant vers la droite, ainsi que de l’analyse des structures cartographiées du grand mur de BOSS et de Laniakea.

Les fluctuations de radiation dans le fonds diffus cosmologique s’alignent sur un axe spécifique, avec des régions chaudes et des régions froides, s’éloignant des prédictions d’un univers homogène et isotrope

 

Bien que la forte corrélation de l'alignement des spins de nombreux trous noirs super massifs à travers des distances cosmologiques puisse sembler déconcertante - puisque, selon les présomptions habituelles, il ne devrait y avoir que très peu voire pas d'interaction du tout entre les noyaux galactiques à travers de si grandes distances - Haramein a décrit depuis longtemps la dynamique et les propriétés de l'espace-temps qui produisent naturellement cette orientation corrélée, ainsi que l'intrication des objets, tels qu'observé dans cette étude.

Haramein a expliqué les propriétés structurelles et géométriques de l'espace et de la matière, de la plus petite à la plus grande échelle, et c'est en considérant la structure à la plus grande échelle, c’est à dire l'univers lui-même, que nous parvenons à comprendre comment et pourquoi ces vastes réseaux de galaxies sont uniformément alignés sur leur axe de rotation ; à savoir comme nous l'avons vu à partir des indications de "l'axe du mal", du "courant noir", du "grand mur de BOSS" et des grands espaces intergalactiques, que l'univers n'est pas isotrope, mais possède au contraire une orientation définie.

Haramein a identifié cette structure à grande échelle comme une géométrie double-toroïdale contrarotative. Ainsi, on observe non seulement des phénomènes comme le "courant noir" et l'expansion apparemment accélérée de l'espace, mais aussi, comme dans la découverte la plus récente, un alignement significatif des galaxies. La raison en est la rotation uniforme de l'univers, qui a un effet puissant d'entraînement cohérent (intrication) sur les objets qui sont uniformément affectés par les forces de Coriolis de la structure en rotation. La dynamique de rotation (spin) produit naturellement une forte cohérence.

Cette théorie repose sur le fait que le spin n'est pas le résultat de l'accrétion de matière dans l'univers primitif, mais que c'est le spin intrinsèque et la forte courbure de l'espace-temps qui engendrent l'accrétion gravitationnelle de matière dans les structures observées. Puisque le spin est "venu en premier", nous nous attendons à ce qu'il y ait un degré remarquablement élevé de cohérence entre les axes de rotation des noyaux galactiques actifs primordiaux. Dans l'article The Origin of Spin : A Consideration of Torque and Coriolis Forces in Einstein's Field Equations and Grand Unification Theory (L’origine du spin : considération des forces de Coriolis et de tore dans les équations de champ d’Einstein et Théorie de la Grande Unification), Haramein et Elizabeth Rauscher évaluent l'inclusion des effets de couple et de Coriolis dans les équations de champ d'Einstein sur la géométrie de l'espace-temps (gravité). Le résultat principal d'une telle considération est que le spin est une caractéristique intrinsèque de l'espace-temps lui-même, expliquant les formations galactiques, les jets polaires, les disques d'accrétion, les bras spiraux et les halos galactiques sans avoir besoin de l'hypothèse de matière exotique comme la matière noire. De façon remarquable, le modèle de Nassim Haramein constitue une théorie d'unification de la physique, puisque les effets de couple et de Coriolis de l'espace-temps produisent les particules et leurs interactions à l'échelle atomique et hadronique.

En prolongeant la réflexion, se pourrait-il qu'il existe des forces supplémentaires qui permettraient de conserver un alignement aussi prononcé dans le temps ? Par exemple, il est possible que les interactions entre les champs magnétiques galactiques, qui ont été observées à des échelles cosmologiques, jouent un rôle dans la stabilisation de l'alignement des jets radio polaires des trous noirs supermassifs et dans le maintien de l'anisotropie sur de longues périodes de temps. En effet, des instruments tels que le radiotélescope Square Kilometer Array permettront d'étudier et d'analyser les interactions du champ magnétique galactique, pour voir dans quelle mesure celui-ci peut être impliqué dans les interactions galactiques à grande échelle.

Il existe cependant une autre interaction importante qui pourrait être impliquée dans l'alignement des axes de rotation des trous noirs supermassifs. Tout comme la rotation intrinsèque de l'espace-temps décrite par Haramein, il s'agit d'un autre objet géométrique intriguant de l'espace-temps. Connus techniquement sous le nom de ponts Einstein-Rosen (ponts ER), du nom des deux physiciens qui ont été les premiers à décrire leurs propriétés en se servant de la solution de Schwarzschild, qui décrivait une solution étendue des équations de champ d'Einstein. Nous connaissons ces ponts ER sous le nom plus familier de "trous de ver".

Depuis longtemps, Haramein décrit les dynamiques et les propriétés d’un espace-temps qui, naturellement, produirait une telle corrélation des spins grâce au phénomène de  l’intrication (à toutes les échelles)

 

La perspective de RSF

Depuis de nombreuses années, Haramein décrit comment les trous noirs qui forment le cœur des objets stellaires et galactiques sont connectés par un vaste réseau de trous de ver spatio-temporel. Cela signifie que les trous noirs sont intriqués sur de vastes distances spatiales et temporelles, à l'instar de ce qui a été observé dans l'alignement des spin des jets d'ondes radio.

Il est intéressant de noter que des avancées plus récentes en physique unifiée ont assimilé les trous de ver spatio-temporels au phénomène d'intrication quantique. Ce phénomène est résumé par l'affirmation selon laquelle les ponts d'Einstein-Rosen (trous de ver) produisent des corrélations avec des "tunnels" d'Einstein-Podolsky- Rosen (intrication), exprimées de manière concise par ER = EPR. Cela signifie que non seulement la géométrie de l'espace-temps connecte les trous noirs à l'échelle astronomique, mais aussi les trous noirs à l'échelle quantique (ce qu'on appelle les particules fondamentales).

Ce que nous observons dans cette dernière étude pourrait bien être une intrication quantique à l'échelle cosmologique, résultant de la dynamique de fluide de l'espace-temps, reliant tout l'univers connecté.

 

Article original en anglais : https://www.resonancescience.org/blog/The-Rotating-Universe

 


Pour approfondir le sujet

Phys.org – Astronomers in South Africa discover mysterious alignment of black holes

arXiv – Alignments of Radio Galaxies in Deep Radio Imaging of ELAIS N1

viXra – Rotating space of the Universe as a source of dark energy and dark matter

 

 

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